Diviser pour régner

C’est assez exceptionnel qu’un Premier ministre, adoubé par la classe politique, propose la lutte des génération pour parvenir à maintenir son pays dans la brume.

Et bien sûr, c’est une démarche répugnante et stupide Il n’y a pas de génération qui perd ou qui gagne. Après la guerre de 39-45, ces fameux boomers ont pour la grande majorité vécu des débuts de vie difficiles dans des pays détruits. On oublie de compter cette désolation provoquée par la guerre. Ce sont les boomers qui ont été affectés, dans leur enfance par ce carnage… et le suivant, l’Algérie

Faute d’argent, les appartements étaient mal chauffés, et le quotidien était maigre. Les enfants s’habillaient avec les vêtements usés de leurs ainés, les vacances, quand il y en avait, se passaient dans des camps de vacances ou « chez des gens » à la campagne. Plus tard, les salaires restaient très bas, particulièrement en France. En 1970, l’indemnité de chômage d’un immigrant au Canada était supérieure à ce qu’un Français du même âge percevait en travaillant 45 heures.

En 1970, un directeur au gouvernement canadien gagnait 10 000 $ par année. Ses enfants gagnent aujourd’hui plus de 100 000 $, ce qui est aussi plus que le salaire que sa mère, diplômée des HEC, gagnait en fin de carrière. La France n’a pas connu des progrès semblables. Même les patrons français avouent que les salaires de 2025 sont trop bas.

Dans les années 60, il fallait des mois d’économie, quand on pouvait en faire, pour se payer un billet d’avion. Aujourd’hui, le prix commence à 25 euros et le logement suit.

Bien sûr, les jeunes, fils et petits-fils des boomers ne sont pas non plus les privilégiés que d’aucuns dénoncent encore sous prétexte qu’ils ont des machines à laver ou des ordinateurs qu’ils n’avaient pas « à l’époque ». Ce ne sont pas les milliardaires qui émigrent, mais les jeunes. Outre Atlantique, leurs compétences sont immédiatement testées et reconnues. Ils ont accès à des postes pour lesquels ils auraient dû attendre des décennies s’ils étaient restés en France.  En France, leurs revenus seront souvent inversment proportionnels à leur dévouement et à leur pratique de solidarité, notemment en médecine, enseignement ou police. S’ils sont en couple, ils vivront séparés au gré de l’administration, autant de complications inutiles à l’époque de l’informatique.

Autant pour les « avantages » que pour les « inconvénients », chaque classe d’âge vit finalement au fil de son époque et au sous-sol des gouvernants. On peut bien accuser les bommers d’avoir pollué le monde des jeunes, mais eux se feront probablement accuser d’avoir consommé la planète ou de ne pas avoir combattu les inégalités dans le monde avec la ferveur de leur père et la menace de leurs chefs.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que malgré tous les progrès technologiques ou sociaux réalisés depuis 1945, la société ne fait jamais que perpétuer l’ancien système, qu’elle est incapable de faire travailler moins ou de faire travailler mieux. Le taux de chômage est stable sur une cinquantaine d’année, entre 7et 10 %, un taux révélateur de l’organisation sociale.

La société, puisque nous croyons vivre dans cette construction, n’a rien à proposer, aucun projet, aucun avenir même si nous sommes aujourd’hui capables de construire en une journée ce qui nous prenait un mois il y a peine cinquante ans. Nous ne savons pas que faire de nos 65 millions de citoyens, pas plus que de nos 9 milliards de Terriens, rien d’autre que de les maintenir dans un état de production pour assurer leur minable consommation.

C’est cela le vrai problème, que le Premier ministre réduit en « budget » et c’est probablement le problème dont les générations futures hériterons parce que, loin de la promesse vide qui se termine par « pour nos enfants », nous nous consacrons tous, sur terre, à consommer sans bien savoir ce que nous faisons. Ce leg, ce n’est pas à nos enfants que nous le faisons, mais à nous, ici et maintenant. Nous respirons du cancer, nous nageons dans du plastique et corriger cela ne fait pas partie du projet économique.

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