Les femmes et les enfants d’abord

Au-delà du débat sur la charte québécoise des « valeurs », un épouvantable désert s’ouvre devant nos pas. Après avoir réussi à enlever tout espoir aux peuples les plus pauvres au point de ne leur laisser que le mirage du paradis comme raison de vivre ou de mourir, nous, c’est à dire notre système politique, avons réussi à nous aliéner chez nous d’une manière tout aussi tragique.

Ne soyons pas hypocrites : si la laïcité s’est imposée dans nos régions, c’est bien parce que les prescriptions des religions devenaient un frein aux progrès sociaux réclamés par les peuples. Les religions dont nous remettons en question les signes extérieurs, en Europe et en Amérique du nord, ne reconnaissent toujours pas les femmes comme des êtres humains à part entière, égales aux hommes.

Mais il n’y a pas que cela. Les mêmes religions n’admettent pas non plus l’homosexualité. Deux oppositions exprimées, durement, sur ce que les constitutions modernes appellent nos « droits fondamentaux ». C’est déjà beaucoup. Il faut y ajouter des attitudes inacceptables face aux violences contre les femmes, un combat farouche contre l’avortement et même contre la contraception. Ces gens là ne sont jamais entrés dans une école secondaire pour constater les dégâts que cause leur horizon borné et leur refus d’évoluer.

Ce qui est inquiétant, ce n’est certes pas que des individus croyants portent sur eux des bibelots, des croix, des bonnets, des voiles, mais que des institutions religieuses les imposent, comme pour différencier celles et ceux qui sont de celles et ceux qui ne sont pas. L’Histoire nous en montre les résultats.

Des féministes nous disent que si nous voulons l‘égalité, enfin, il faut s’attacher à tout ce qui l’empêche et non pas au port de signes religieux. Nous dirons « pas seulement ». Parce que quand nous nous attaquons à établir l’égalité, nous nous attaquons aussi aux religions qui y sont opposées et qui le manifestent par des moyens qui outrepassent les libertés qui leurs sont reconnues par les constitutions.

Si tant de personnes se réfugient dans la religion, si, comme ces psychiâtres le disent, ils y trouvent une meilleure santé mentale, nous croyons que c’est bien parce que nous avons abandonné notre détermination à changer le monde. Il peut être réconfortant de se réfugier dans des paroles sacrées, mais ce le serait encore bien plus si chacun de nous avait la conviction que l’état ou les églises exprimaient la volonté d’agir concrètement pour une société meilleure. Les psychiâtres devraient s’interroger, à cette occasion, sur leur pratiques, sur leurs solutions, sur les raisons profondes qui créent tant de misère ; s’attarder un peu plus sur l’espace social et un peu moins sur l’espace religieux.

Il n’y a aucun racisme à l’encontre «d’ immigrants » qui viennent avec leur religion dans la laïcité. C’est nous qui, à cause d’horizons bouchés et caressés par le veau d’or, le confort et l’indifférence, avons abandonné nos idéaux au moment même où nous sommes enfin en mesure de pouvoir les réaliser. Au vingt et unième siècle, il ne faut pas confondre spiritualité et religion.

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