La cigale et le Grexit

Jean-François Bélanger, reporter à Radio-Canada, a bien résumé ce que ressentent les Grecs : des conditions économiques élaborées à l’étranger et imposées par des étrangers. Cela aurait pu être du Marine Le Pen, tout autant que du Rousseau ou du Tocqueville et justifier une nouvelle Magna Carta européenne : c’est bien là le problème de l’Europe. La démocratie y a disparu au point où le mot référendum est devenu tabou au sein de la classe dirigeante.

Les idées manquent pour sauver l’économie grecque, du moins dans le camp des durs de l’Europe. Toujours l’augmentation de la TVA, des impôts et une baisse des dépenses de l’État alors que l’État et toute la population sont dans une situation de non-dépense qui entraîne le pays dans une baisse perpétuelle du PIB. Une infinité de solutions existe pourtant. Des entreprises européennes pourraient délocaliser leur fabrication en Grèce où les salaires ont dramatiquement chuté : c’est le temps d’appliquer ce que la finance mondiale prêche, faire baisser les salaires. En Grèce, c’est déjà fait. Le FMI prône maintenant d’annuler une partie de la dette, mais, en raison de la capacité théorique de l’Europe et de la Grèce elle-même de reconstruire l’économie grecque, cette idée sympathique n’est pas une nécessité mathématique.

Comme Warren Buffet l’a fait aux États-Unis avec l’État, recapitaliser temporairement des industries privées, une partie du tourisme, par exemple, pour leur donner un nouvel essor, tourisme de luxe, infrastructures, hôpitaux constitue une autre mesure intéressante. Beaucoup d’activités économiques en Grèce se sont ré-individualisées durant les années d’austérité récentes, la pêche en est un exemple. Le gouvernement grec a d’ailleurs participé à la ré-exploitation de certaines ressources par des individus et des coopératives. Le développement du système coopératif est un autre moyen d’excellence pour créer les fondations de nouvelles industries ou remettre en vie celles qui sont disparues en même temps que le PIB qui a diminué de 30 % depuis 2008. L’exemple de Desjardins, au Québec, est fascinant dans la mesure où il est parvenu à une taille du même calibre que les autres banques tout en entraînant l’économie locale. Des mesures fiscales comme le Régime d’Épargne-Actions du Québec constituent un excellent moyen de réduire la fraude fiscale et de développer la création d’entreprises.

Plus fascinante encore est l’incapacité des Européens de trouver un compromis, ou plutôt une solution, avec les Grecs. Nous entendons plus de commentaires – aujourd’hui caduques – sur les défauts des citoyens grecs. Nous n’en sommes plus là, la situation est celle qui prévaut ce matin, chaque matin et pas celle qui prévalait il y a 2 ou 5 ans. D’habitude, Bruxelles ne demande jamais rien aux peuples qui composent l’Union, mais aujourd’hui, si l’Europe parvenait à « gouverner » avec le peuple grec, alors elle commencerait vraiment sa vie d’Union européenne.

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Un commentaire pour La cigale et le Grexit

  1. jacques de felice dit :

    concernant la dette des Etats on ecoutera avec delices les propos de Michel Rocard

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