Imaginons…

Les horribles images des migrants, en particulier celles des enfants morts noyés ne sont pas les images de la situation aujourd’hui, elles sont l’aboutissement, la fin du film de dizaines d’années de bêtise, occidentale et orientale aussi. Ce qu’il faut retourner voir, après la photographie des enfants morts, c’est le reste du film, ce que nous n’avons pas voulu voir.

Nous pourrions remonter loin, à la Nakba de 1948, l’année zéro de la révolte palestinienne, ou plus loin encore, au partage des terrains pétrolifères, ou aux colonisations, mais l’histoire récente pourrait suffire.

La première guerre du Golfe, en 1990, le développement exponentiel des armements nationaux et des ventes d’armes, tous pays confondus, et cette imbécilité de nos gouvernants à croire qu’ils allaient refaire le monde en tirant sur les voisins, tout cela nous a conduit ici et maintenant. Le dernier – plutôt le plus récent – de ces idiots sévit ici, au Canada, confirmant qu’il allait sauver les migrants en bombardant leurs pays suivant en cela le funeste Cameron, Sarkozy et quelques autres.

Ce qui frappe, dans le reste du film, c’est le monopole des hommes dans ces guerres, c’est ce que l’on appelle parfois la barbarie quand il y a du sang et des couteaux et la « lutte contre le terrorisme » quand les bombes sont télécommandées par un geek depuis un modeste split-level du Texas. Un monde d’hommes, de finance, d’agressivité et d’ignorance qui ont imposé leur solution finale avant de comprendre le problème qu’ils avaient créé.

Face à une catastrophe de cette ampleur, l’Europe prétend vouloir recevoir 120 000 personnes…parmi 52 millions de réfugiés dans le monde, un chiffre qui aujourd’hui explose puisque le film évoqué continue à être tourné par les grandes puissances et les contre puissances. Des réfugiés qui vivent dans les pays les plus pauvres alors que les plus riches reconstruisent les murs qu’ils fustigeaient il n’y a pas 30 ans.

Impossible de croire qu’une photo, « la photo » va changer quelque chose. L’Europe n’existe plus, pas plus que la mondialisation. Il n’y a que l’argent et les transactions financières qui refont le monde. Et quelques crétins qui permettent que cela existe ou qui organisent cette horreur. Imaginons que si un peu de pouvoir revenait aux citoyens, avec leurs moyens et leurs compétences du XXI ème siècle, il n’y aurait pas tant de guerres, mais plus de solidarité, moins d’amertume, moins de sauvagerie.

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