Diluer les rejets et noyer le poisson

Un ingénieur de Poly, M. Desjardins est venu défendre, à l’émission 24/60, la thèse de la « dilution des eaux usées » du maire et du ministre de l’Environnement. Selon lui, les rejets se retrouveront immédiatement dilués dans une masse d’eau colossale. Serait-il possible qu’un manque de rigueur gouverne les jugements de nos experts ? Quand des pétroliers déballastent en mer, on suit leur trace sur des dizaines de kilomètres et la pollution n’est parfois concentrée que sur quelques dizaines de mètres. L’océan, un peu plus grand que le St-Laurent, ne dilue pas vite. Les accidents ne se produisent jamais comme on aurait voulu qu’ils se produisent.

On pourrait d’ailleurs se poser la question de savoir s’il serait préférable que les matières organiques, les solides, les objets que l’on imagine, et les liquides composant le déversement restent groupés ou au contraire se dispersent. Dans un cas, la faune du fleuve pourrait les éviter, dans l’autre, tous les animaux seraient atteints, où qu’ils se trouvent.

Dans cette affaire, il est certainement question de science, mais nous pouvons douter que des simulations de dispersion aient été pratiquées. Pour l’instant, la dilution n’est qu’une théorie ou un vœu pieux. Il reste le bon sens, y compris celui qui préside en science, le doute. Rappelons qu’une sonde spatiale de quelques centaines de millions de dollars s’est déjà écrasée parce que les équipes avaient confondu miles et kilomètres, à l’instar d’Air Canada qui avait confondu litres et gallons. Peut-être qu’il aurait été possible de trouver une solution plus écologique au problème posé par les travaux du pont Champlain, comme des bassins de décantation ou de rétention, voire une meilleure préparation des travaux. Nos élus ont laissé passer 24 ans sans y réfléchir pour se réveiller il y a à peine un an et s’accuser mutuellement de ce silence.

Parions qu’au-delà de ce mutisme d’État se cache un désengagement du politique face aux retards accumulés dans la gestion écologique du pays. Nous ne voyons pas encore le jour où les eaux rejetées dans la nature ne tueront pas la nature. Même quand les super-usines de traitement et de filtration seront construites toutes les eaux, fleuves, lacs, mers resteront polluées et de plus en plus, simplement un peu moins que si rien n’était fait. De quoi, peut-être, justifier une certaine désinvolture.

Travaux pratiques : faites des crêpes : farine, œufs, puis ajoutez le lait jusqu’à former une pâte liquide. Versez dans la pâte une cuillerée de vanille et continuez de mélanger avec une fourchette. Observez le résultat. Vous verrez la vanille former une petite pointe dans la pâte et s’y mélanger très lentement et rester très dense sur le bord du contenant. Extrapolez : les poisson qui se trouvent près des rives (les plus jeunes…) absorbent des hyperdoses de ce qui est rejeté…

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