Les égouts dans le fleuve ? Marketing et politique pathogènes.

Cela fait au moins 25 ans que les fonctionnaires, les élus, députés, ministres, Premiers ministres et maires, savent que le pont Champlain devait être refait. Et c’est seulement la semaine dernière que les mêmes nous annoncent qu’ils n’ont rien fait, rien prévu, rien planifié. Ils viennent juste de découvrir qu’ils devront nettoyer un collecteur d’égouts géant et rejeter dans le fleuve le tiers des eaux usées de Montréal pendant une semaine. En fait, la ville a demandé l’autorisation de procéder ainsi il y a seulement un an. La raison ? Pour protéger les ouvriers des émanations et des accidents, une noble cause qui pue la manipulation comme toujours lorsqu’il s’agit d’écologie et de santé publique.

Pour le maire Coderre et pour le ministre de l’Environnement, il n’y a aucun problème : « ça se dilue » disent-ils. Leur compétence en microbiologie peut être mise en doute. Le ministre est un fier marketer diplômé en management. Du stade olympique à Juste pour rire en passant par Evenko, le ministre connaît tout des 100 pollutions du Québec comme son homologue des 100 fromages. Quant au maire de Montréal, fixé sur un plateau tournant, il n’a même pas besoin de vent pour changer de direction, qu’il s’agisse des trottoirs du parc Laurier ou de la pollution du fleuve. Des experts.

La réalité est tout autre. Des métaux lourds, habituellement retenus lors du traitement des eaux seront relâchés. Des produits radio-actifs et des « gros morceaux », tout ce que nous jetons chez nous, dans la rue, dans les entreprises et les hôpitaux, les graisses des restaurants, flottera en surface et entre deux eaux, comme ceux qui prétendent nous diriger. Même quand les eaux usées sont traitées, on ressent encore les effets de leur pollution à plus de 100 kilomètres…et on ne parle que des effets visibles.

Les eaux usées ne seront pas désinfectées à Montréal avant 2018, c’est à dire débarrassées de la plupart des virus et bactéries. Il reste que le bouillon des égouts, une fois traité, est moins dangereux que lorsqu’il est rejeté directement. Durant la semaine de déversement, des agents pathogènes en grandes quantités se retrouveront dans l’air chargé d’aérosols circulant au-dessus du fleuve. Cet air pollué peut voyager à plusieurs centaines de mètres des rives du St-Laurent. Il n’est même pas nécessaire de se baigner ou de faire du kayak pour être contaminé.

Nos experts en écologie ont oublié une évidence : sur la planète, tout ce qui est rejeté va être aussi récolté, souvent par les voisins. Toutes les villes qui puisent leur eau dans le fleuve devront donc nettoyer une eau plus fortement chargée en contaminants pendant une semaine. Un microbiologiste québécois a dit, il y a quelques années, que nous pourrions bien mourir, dans 15 ou 20 ans, d’une maladie de cœur causée par un virus présent dans l’eau du robinet.Certains virus ne peuvent même pas être détectés dans l’eau par les moyens actuels. On pense que la plupart sont détruits par le chlore et d’autres moyens, mais rien n’est certain et le résultat dépend de la qualité du traitement.

Prétendre alors qu’il n’y a pas de danger ne peut plus seulement relever de l’incompétence et de l’ignorance. Les expertises existent et le refus des élus de les consulter en fait des responsables et des coupables même si, politique oblige, ils n’en assumeront jamais les conséquences.

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