Premières Nations, la politique du pire

Le directeur de la SQ nous dit que les 8 policiers désignés par les femmes autochtones ne sont pas visés par des « allégations » de nature sexuelle. Un policier impliqué dans ces agressions serait mort et un autre ne pourrait être identifié.

Il fait l’âne. Ce ne sont pas les 8 policiers qui inquiètent le plus, mais la SQ elle-même, l’institution. Même si tous les policiers impliqués dans les faits rapportés étaient morts, la SQ et plus encore le gouvernement (qui était au courant depuis 6 mois) doivent faire l’objet d’une enquête. C’est surtout là que réside l’épouvante, dans le fait que ces institutions maintiennent les Premières Nations dans des conditions de vie indignes.

Depuis 24 heures, la SQ a multiplié les arguments pour nier l’évènement central : la conduite de la SQ et du gouvernement. Responsables de méfaits morts ou inconnus, femmes plaignantes droguées ou prostituées, lois sur les « Indiens » désuète…

D’une manière criante, tous les responsables de cette situation veulent éviter qu’elle soit exposée publiquement et que l’on trouve ou que l’on ébauche des solutions.

C’est pourtant une occasion rare de réunir ce que l’on appelle la société civile pour éradiquer des pratiques honteuses vieilles de plus d’un siècle à l’égard des Premières Nations.

Ce n’est pas non plus en changeant le nom ou les termes de la loi que la situation va changer. Le racisme est un fait, les conditions de vie sont proprement épouvantables dans beaucoup de réserves et l’on découvrira certainement que même les canaux de financement sont truqués.

Si la réflexion était véritablement poussée, nous pourrions démontrer que la politique même de nos sociétés conduit à de telles situations. En stigmatisant les plus démunis, en refusant d’élaborer les politiques nécessaires pour maintenir dans la société ceux qui s’en éloignent, en refusant de créer de nouveaux espaces sociaux pour que chacun trouve une place, et surtout, en agissant comme si « notre société » telle que la concevons a le monopole de l’espace, de la terre et de ses ressources, nous les condamnons à l’affrontement et à la révolte. Nous entrons dans une guerre permanente entre des exclus et des polices et nous confions à ces dernières le soin de protéger nos avoirs. Cela n’excuse aucun geste, mais décrit bien une situation qui serait explosive sans l’exceptionnelle retenue propre aux opprimés.

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