Ce sont les vieux qui vont participer au sauvetage de la nation.

Il y a des comparaisons que l’on ne peut pas faire. Elles pourraient être exagérées mais surtout, elles heurteraient celles et ceux qui ont vécu des situations autrement dramatiques. Mais on a le droit d’avoir peur de propositions choquantes du président Macron qui touchent les personnes les plus vulnérables à la pandémie actuelle, parce qu’il veut leur réserver les plus grands risques pour sortir les autres du confinement.

Si Macron avait été Texan, son discours aurait été plus direct, mais il est Français et maître en matière de faire avaler des couleuvres avec un battement de paupière parfaitement composé. Essentiellement, c’est le même discours : les vieux vont se sacrifier pour sauver le pays, et comment !

Les (vrais) masques sont toujours interdits en France parce qu’ils ne servent à rien selon la propagande du gouvernement. Mais la présidence vient d’inventer le masque « grand public », un masque en chiffon, encore bien moins utile et efficace que les chirurgicaux et les FFP2, ceux que l’on n’a toujours pas en France, même encore pour de nombreux médecins.

Sans aucune certitude scientifique, la France a abandonné l’éradication du virus. L’idéologie nouvelle veut que la population parvienne à une « immunité de groupe » alors que 60 % de la population aura été infectée grâce à un déconfinement, « chirurgical » aurait dit Bush. Mais l’immunité de groupe n’est pas un vaccin, c’est une expérimentation incontrôlée, du genre que l’Inserm condamne.

Pour que 60 % de la population soit touchée par le virus, il faut que le virus circule, que des personnes soient infectées – tout en faisant tout pour ne pas l’être sous peine d’amende ! Ce chiffre de 60 % n’est pas confirmé scientifiquement il dépend de données que l’on ne connait pas. Le président est-il en train de nous dire que l’expérience de déconfinement ne portera que sur les plus jeunes et que les vieux ne pourront plus sortir de chez eux jusqu’à l’arrivée d’un vaccin ? Ou bien que les 25 % de Français agés de plus de 65 ans vont être inclus dans cette expérience machiavélique avec les plus fragiles, profs, ouvriers, patrons, quitte à en perdre quelques-uns, mais lentement, sans bloquer le système ? Dans les écoles, dans les industries déconfinées après le 11 mai, il y aura évidemment de nouvelles contaminations qui viendront encore allonger la période de déconfinement sans du tout éteindre le virus. Selon un spécialiste, «  En l’absence d’un vaccin et d’antiviraux, il y a un seul facteur sur lequel on peut intervenir : le nombre de contacts par jour. Les mesures de distanciation sociale visent spécifiquement à réduire le nombre moyen de contacts par jour par personne. »

Une population « immunisée collectivement » n’éradique pas un virus et encore moins d’éventuelles variantes. Si le virus revient dans cette même population par un canal quelconque, en France ou à cause d’échanges internationaux, c’est justement les 40 % qui n’auront pas été infectés (non immunisés collectivement) qui seront encore les plus fragiles : les vieux, les personnes en surpoids, ceux qui présentent une comorbidité pas toujours connue ni détectable par ailleurs.

Le seul moyen de protéger l’ensemble de la population, c’est de placer en quarantaine stricte toutes les personnes contaminées, puis de vérifier par des tests qu’il n’existe plus de porteur. Ne tester que ceux qui présentent des symptômes est fantaisiste parce qu’avant que les symptômes se manifestent jusqu’au moment où le test est pratiqué, les porteurs pourront contaminer d’autres personnes. Pour le Président, ça n’aurait aucun sens de tester tout le monde même si les médecins disent le contraire. Il faut écouter la science dirait Greta.

Revenons sur les masques. Rien n’interdit, sauf l’Élysée, que chaque Français puisse avoir accès à des masques chirurgicaux ou mieux, FFP2. Leur coût unitaire pourrait être réduit à quelques centimes d’euros et ils pourraient même être réutilisés plusieurs fois par chaque citoyen « non immunisé », comme les médecins le font. Une infectiologue nous dit que le port du masque par les citoyens dans des conditions sécuritaires est possible. Les FFP2 sont infiniment plus efficaces que tous les autres et permettraient de réduire considérablement le risque de contamination, ils protègent à la fois les autres et les porteurs. Le Président n’aime pas, il veut le masque « grand public », le masque populaire, pour « ses » administrés, celui qui ne protégeait pas hier et qui ne protège d’ailleurs toujours pas.

Comme le soulignait Natacha Polony, il ne faut pas que les plus fragiles paient pour le déconfinement. La montée économico-politique du Président en vue de 2022 nous y prépare : beaucoup de citoyens perdront la vie, d’autres resteront avec des séquelles, faiblesse des poumons, atteintes neurologiques, qui les rendront encore plus sensibles aux maladies respiratoires. Si l’on ne sait pas si le virus reviendra périodiquement ou s’il mutera, en revanche, on sait que bien d’autres microbes reviennent régulièrement et causent grippes, pneumonies, maladies chroniques qui toucheront une population affaiblie. Quant au miracle économique annoncé, il risque de ne pas survivre au pari de l’Élysée.

 

 

 

 

A propos alaincognard

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