De quel droit nous interdire un référendum ?

Consternant. Comment des personnages politiques peuvent-ils s’arroger le droit de priver les citoyens d’un référendum, s’ils le veulent. Le référendum est prévu par une loi spécifique et il est reconnu comme étant le moyen le plus démocratique de décider, le plus près de la pensée des citoyens. Eh ! Messieurs Couillard, Legault, ceux de la Presse, il y a eu plus de 250 référendums en Suisse depuis 1980 et aux États-Unis, ce sont des dizaines de référendums qui sont tenus lors de chaque élection présidentielle ! Répondre à une question lors d’un référendum n’empêche pas les Américains ni les Suisses de s’occuper d’économie, d’emploi, de culture et d’éducation. Comment peut-on dire que voter est un droit précieux et refuser en même temps un référendum ?

Consternante cette idée que les citoyens ne sont pas assez mûrs, intelligents, démocrates, pour décider de ce qu’ils veulent. Même un parti politique, même un gouvernement qui serait contre ce que proposerait un référendum a le devoir de le tenir quand les citoyens le réclament. Au Québec, bien fou serait le politicien qui penserait étouffer la question de la place du Québec au sein des nations.

On peut bien critiquer la manière dont un référendum est proposé. La présence d’une armée étrangère, les dépenses outrageuses d’un pays voisin, des commandites commandées par des mafias locales ruinent l’esprit et le résultat des consultations populaires, mais pas la nécessité de ces consultations. Le référendum reste un droit essentiel en démocratie et la voix de 7 millions de Québécois vaut bien celle d’un chef politique qui fait le yoyo entre le service public et le service privé…au point où l’on se demande s’il ne vient pas simplement « se ressourcer » dans le public.

Au Québec, on a galvaudé l’idée de consultation populaire avec le concept de référendum gagnant. Cette notion se réfère à un parti, pas au peuple, aux citoyens. Tous les référendums sont gagnants puisqu’ils permettent au peuple de prendre une décision que les gouvernants ne sont pas en mesure de prendre ou qu’ils ne devraient pas prendre en raison de son importance.

Bien sûr, si des sondages indiquent que 80 % des citoyens sont en faveur du statu quo, même après les débats nécessaires, il n’y a pas lieu de se lancer dans un tel exercice. Mais lorsque des questions importantes sont en jeu et lorsque des débats peuvent venir éclairer l’ensemble des citoyens sur un problème particulier, la mise en place d’un référendum est un devoir. S’il existe des politiques prêts à renoncer à permettre au peuple de s’exprimer, il n’en existe pas encore qui voudraient le consulter sur un problème qui n’existe pas. Or, au Québec, la question de l’identité nationale ne se pose plus seulement en termes historiques, mais aussi et surtout, en termes de développement économique et social, de désaccords structurels entre des gouvernements d’un même pays. Mais il s’agit là de domaines apparemment étrangers à certains partis plutôt axés sur….le développement de leur personne.

Ah ! J’allais oublier : Y aurait-il des Québécois qui ont tellement peur d’avoir à dire s’ils veulent oui ou non que le Québec devienne indépendant qu’ils ne veulent même pas qu’on leur pose la question ?

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