Couillard, l’illusionniste

Démissionnaire quand il a compris que la promotion politique était bloquée sous l’empire de Charest, le cheuf des Libéraux voit s’ouvrir à l’horizon une nouvelle carrière post politique, peut-être la direction d’une multinationale de la pharmacie, qui sait ? Son ambition n’est pas le pays ni la province, c’est lui. Et comme tous ceux qui affectionnent les allers-retours ministère-entreprise privée (dans le même domaine bien sûr), l’essentiel n’est pas de gérer une nation, mais de renforcer son CV. Philippe Couillard conférencier dans quelques années ? à 10 000 $,ou  à 50 000$ ?

Un spécialiste de la Santé ? Un organisateur compétent ? Couillard a été surnommé « l’illusionniste » dans son milieu pour avoir créé des structures inutiles lors de sa précédente prestation ministérielle dans le gouvernement Charest.

Doc Couillard veut livrer son rapport d’impôt, (les autres l’ont fait en 2012), pour attester de son intégrité. Mais cela ne constitue pas un certificat de probité pour le reste du parti libéral ni ne constitue une explication pour son passé dans le « privé ».

Les électeurs semblent avoir oublié les années libérales, l’année 2012 des affrontements stupides et couteux avec des étudiants sérieux, les fêtes de financement avec des gens louches, les contrats à 110% et même à 130% et la proximité de M. Couillard avec le bon docteur Porter, un escroc international qui a quitté le Québec avec une vingtaine de millions volés au financement de l’hôpital « anglophone » et donc aussi à tout le petit peuple des donateurs des téléthons.

Qu’aurait dit le candidat Couillard si Madame Marois avait créé une entreprise, même une « coquille vide », avec Catania ou Accurso ? Quand on a fréquenté Porter et que l’on a créé une société avec lui sans demander les autorisations nécessaires, les explications sont une dette envers les électeurs. Ce que nous voulons, ce sont les explications de journalistes, d’enquêteurs, qui auraient pu blanchir le docteur Couillard sans aucun doute[1]. Reste encore le problème du parti Libéral…et contrairement au bla-bla-bla politique, nous ne saurons jamais la vérité et personne, sauf des boucs-émissaires, ne sera condamné. Souvenons-nous des commandites.

La Commission Charbonneau a bien montré que la politique était corrompue profondément sans évidemment montrer les pistes de ce que pourrait être une gestion différente, comme celle par les citoyens par exemple, un contrôle réel, un début de démocratie directe.

Rappelons que les gouvernements élus ne le sont que rarement avec plus que le quart des voix des électeurs. La moitié des citoyens se prononce et le parti élu dirigera avec un peu plus que la moitié de cette moitié, dans le meilleur des cas.

Alors, ne pas voter ? C’est ce qu’il faudrait faire pour permettre au pouvoir de comprendre qu’il n’a pas le monopole du pouvoir, que le peuple peut et doit se gérer avec la compétence et la légitimité que la Constitution et les révolutions lui ont données.

Il est peut-être temps, pour le peuple, d’affirmer sa légitimité, de s’abstenir de jouer à l’Élection, de refuser de voter pour légitimer les projets politiques de quelques illuminés qui essaient, sur notre dos ou sur notre bras, des « solutions » dessinées sur un coin de table. Les nôtres sont au moins aussi bonnes et nous avons 7 millions de personnes compétentes pour les mettre en place.

Peut-être alors qu’avec 8 ou 10 % des voix des électeurs les « élus » auront-ils le courage de refuser d’exercer des compétences qu’ils n’ont pas. C’est sans doute rêver puisque déjà, nous avons l’exemple d’élections scolaires au cours desquelles 3 ou 4 % des électeurs remettent leur pouvoir à des opportunistes néophytes.

 

 

[1] http://www.ledevoir.com/politique/quebec/360582/le-passage-de-philippe-couillard-au-prive-souleve-des-questions

 

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De quel droit nous interdire un référendum ?

Consternant. Comment des personnages politiques peuvent-ils s’arroger le droit de priver les citoyens d’un référendum, s’ils le veulent. Le référendum est prévu par une loi spécifique et il est reconnu comme étant le moyen le plus démocratique de décider, le plus près de la pensée des citoyens. Eh ! Messieurs Couillard, Legault, ceux de la Presse, il y a eu plus de 250 référendums en Suisse depuis 1980 et aux États-Unis, ce sont des dizaines de référendums qui sont tenus lors de chaque élection présidentielle ! Répondre à une question lors d’un référendum n’empêche pas les Américains ni les Suisses de s’occuper d’économie, d’emploi, de culture et d’éducation. Comment peut-on dire que voter est un droit précieux et refuser en même temps un référendum ?

Consternante cette idée que les citoyens ne sont pas assez mûrs, intelligents, démocrates, pour décider de ce qu’ils veulent. Même un parti politique, même un gouvernement qui serait contre ce que proposerait un référendum a le devoir de le tenir quand les citoyens le réclament. Au Québec, bien fou serait le politicien qui penserait étouffer la question de la place du Québec au sein des nations.

On peut bien critiquer la manière dont un référendum est proposé. La présence d’une armée étrangère, les dépenses outrageuses d’un pays voisin, des commandites commandées par des mafias locales ruinent l’esprit et le résultat des consultations populaires, mais pas la nécessité de ces consultations. Le référendum reste un droit essentiel en démocratie et la voix de 7 millions de Québécois vaut bien celle d’un chef politique qui fait le yoyo entre le service public et le service privé…au point où l’on se demande s’il ne vient pas simplement « se ressourcer » dans le public.

Au Québec, on a galvaudé l’idée de consultation populaire avec le concept de référendum gagnant. Cette notion se réfère à un parti, pas au peuple, aux citoyens. Tous les référendums sont gagnants puisqu’ils permettent au peuple de prendre une décision que les gouvernants ne sont pas en mesure de prendre ou qu’ils ne devraient pas prendre en raison de son importance.

Bien sûr, si des sondages indiquent que 80 % des citoyens sont en faveur du statu quo, même après les débats nécessaires, il n’y a pas lieu de se lancer dans un tel exercice. Mais lorsque des questions importantes sont en jeu et lorsque des débats peuvent venir éclairer l’ensemble des citoyens sur un problème particulier, la mise en place d’un référendum est un devoir. S’il existe des politiques prêts à renoncer à permettre au peuple de s’exprimer, il n’en existe pas encore qui voudraient le consulter sur un problème qui n’existe pas. Or, au Québec, la question de l’identité nationale ne se pose plus seulement en termes historiques, mais aussi et surtout, en termes de développement économique et social, de désaccords structurels entre des gouvernements d’un même pays. Mais il s’agit là de domaines apparemment étrangers à certains partis plutôt axés sur….le développement de leur personne.

Ah ! J’allais oublier : Y aurait-il des Québécois qui ont tellement peur d’avoir à dire s’ils veulent oui ou non que le Québec devienne indépendant qu’ils ne veulent même pas qu’on leur pose la question ?

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Imaginez ce qui aurait pu se passer.

Les Québécois ne se souviennent même pas de leur devise « Je me souviens ». Moins d’un an après le tsunami des grandes fraudes municipales qui a frappé la province, les deux supermaires réclament pour leur ville les pouvoirs d’une nation. Ils sautent d’ailleurs allègrement par-dessus les concepts de nation, pays, peuple et de constitution pour se poser en dictateur d‘une ville-état. Ils ne deviendront pas pansus à penser.

Les deux maires, ils le répètent, ne s’embarrassent pas de grandes idées théoriques. Coderre, il n’y a pas six mois, disait qu’une ville n’était pas une entité politique, seulement une administration. Administrer, c’est évidemment une gestion qui n‘exige pas trop de démocratie, tandis que diriger demande des échanges beaucoup plus élaborés avec le populo, et cela, le maire n’en voulait pas. Une fois couronné…

Quand les maires ont donné leurs nombreuses crises de presse, ils ont utilisé tous les tremplins : auprès des regroupements de municipalités, comme supercouple médiatique, ou encore, maires de villes exceptionnelles. Ils sont à la fois maires, présidents, administrateurs et de toute façon, seuls et premiers. Ils ne se disent plus maintenant maires ni gérants, mais « représentants » de la population.

Les Montréalais et surtout les Québécois ne sont pas insensibles à cette méthode à la Poutine qui consiste à redonner de la fierté aux électeurs. Et comme en Russie, le stratagème aide à oublier le passé le plus récent : la corruption généralisée jusqu’aux plus hauts niveaux, les 17 millions payés pour annuler le contrat des compteurs d’eau, les morts des viaducs. Imaginez ce qui aurait pu se passer si Montréal avait eu ce qu’ils réclament, les pouvoirs d’un gouvernement ! Froid dans le dos…Aurions-nous oublié les quasi faillites de New York, Detroit ?

Accorder plus de pouvoirs à une partie d’un ensemble, d’un pays, ne peut se faire sans une réflexion profonde, ni sans changer radicalement les institutions. Le système politique municipal, qui déjà ressortit plus du vaudeville que de la bonne gestion (voir Toronto, Laval, Montréal….) permettrait tous les abus s’il n’existait un système (apparemment encore trop faible) de contrôle. Le maire Drapeau n’a pas eu besoin des pouvoirs que réclament nos Laurel et Hardy municipaux. Sous le même régime, a pu faire le métro, l’expo et le stade olympique…et il a fallu tout de même l’arrêter.

 

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Le dernier colon

Moscou recolonise l’Union Soviétique. Dans un mélo qui sert de programme politique à tout bon dictateur, Poutine stimule la nostalgie des Russes en avançant ses pions dans une récupération des terres que les soviets avaient conquises par la force et par une immigration forcée.

Tout de suite, après l’Ukraine, on pense à la Biélorussie (Bélarusse). Un jour ou l’autre, le peuple va se révolter, jeter son dictateur pour le remplacer par un gouvernement démocratique. Mais déjà, Moscou est prêt. Comme en Tchétchénie, il n’est pas question de perdre une autre partie de l’URSS. Poutine gardera longtemps sur le cœur ce qu’il considère comme « la perte de l’Ukraine » depuis qu’il lui semble peu probable d’annexer l’Ukraine sans grands dommages pour lui.

Poutine n’a pas la capacité intellectuelle et diplomatique que l’on attend d’un personnage politique du vingtième et unième siècle. Plutôt que de prendre la place qui reviendrait à la Russie en fonction de ses capacités, de sa puissance industrielle et commerciale, du dynamisme des peuples qui y vivent, Poutine se réduit à l’utilisation de la force et à l’exploitation de populations qui tentent de sortir de la misère. Il faut voir comment il « lutte » contre les filles des Pussy Riot en leur envoyant des gros mâles violents pour les bastonner. Quel courage !

Le dictateur Biélorusse a un ego plutôt fort. Il résiste à un projet d’union avec la Russie parce qu’il veut le premier rôle. Moscou attend. Poutine est gagnant. Le président Loukatchenko est en disgrâce en Occident et ne peut guère envisager un sort plus enviable que son homologue ukrainien déchu. Loukatchenko va tomber et Moscou annexera la Biélorussie…

Effectivement, Moscou vient juste de bomber le torse encore un peu plus en déployant des avions de combat et de transport de troupes en Biélorussie. Le bon vieux Louka, encore moins brillant que son homologue russe, croit que Poutine le soutiendra.

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Quelques articles

http://plus.lefigaro.fr/page/cognard-17488

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Fondation de l’UQÀM

Un lien pour Georges Lapassade, analyste de l’Université du Québec à sa naissance en 1970.

http://stabi02.unblog.fr/2009/08/08/georges-lapassade-portrait-dun-outsider/

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Capitalisme ou syndicalisme ?

Denis Lemelin, président du syndicat de Postes Canada croit que l’entreprise dans laquelle il travaille fait fausse route en voulant arrêter la distribution du courrier à domicile.

Plusieurs entreprises, aux États-Unis comme au Canada, se sont enlisées dans cette voie. Rona, JC Penney, parmi d’autres, ont fermé des magasins. Une idée très brillante : en fermant des boutiques, on réduit les dépenses… SI une entreprise n’a pas la capacité de faire fonctionner ses magasins, il est difficile de croire qu’elle va pouvoir augmenter son chiffre d’affaires dans ceux qui restent.

Le syndicaliste croit plutôt que son patron devrait compter sur sa marque de commerce et ses infrastructures pour se réorienter vers les services d’avenir et battre la concurrence. C’est une évidence, on livre de moins en moins de lettres à la maison, mais de plus en plus de tout le reste, qui pèse plus et rapporte plus. Tout ce qui est commandé par internet et doit être transporté physiquement rentre parfaitement dans les opérations historiques de Postes Canada : petits colis, cartes de crédit, livres, documents originaux, ordinateurs, cadeaux, vêtements, photos, tableaux, tout ce qui se vend sur les sites d’encan, de petites annonces…et il n’y a jamais eu autant de colis livrés que de nos jours.

Depuis plusieurs années, ainsi que le craint Denis Lemelin, Postes Canada s’est placée sur une mauvaise pente qui la conduit vers les nouveaux sables mauvais du fédéral. En arrêtant le service postal à domicile, Postes Canada est certaine de ne plus pouvoir envoyer au domicile des Canadiens quoi que ce soit et laisse à ses concurrents toute la place. Mais si jamais elle est privatisée, le futur acheteur ne donnera pas cher de sa peau. D’autant plus que dans l’état où l’entreprise se retrouve, augmenter le prix des timbres risque de l’achever.

Les idées reçues sur les syndicats doivent être bousculées. On savait déjà que les pays les plus syndiqués sont aussi les plus performants, maintenant on sait que les syndicats sont de véritables partenaires compétents qu’il est difficile d’ignorer.

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Freud et le café

Le Evening Standard de Londres rapporte que 40 000 personnes ont signé une pétition demandant au magasin qataro-londonien Harrod’s d’arrêter la vente d’un type de café le Kopi Luwak. C’est le café le plus cher du monde. Certains restaurants offrent une tasse pour 60 livres sterling et on le trouve dans le commerce pour un prix variant de 100 $ à 600 $ le kilo.

Ces grains de folie sont le produit de la digestion partielle de fruits du caféier consommés par un petit civet originaire d’Indonésie, le luwak. Des ouvriers les récupèrent dans leurs déjections.

Capturés dans la jungle, ces animaux sauvages sont élevés en cage dans des conditions épouvantables. Les luwaks se rongent les pattes et ont une durée de vie très courte.

Peureuse, Harrod’s vendrait maintenant un café produit par un animal péruvien l’uchunari, à des prix qui peuvent atteindre 10 000 $. Un coffret luxe « The decadence » incluant caviar, Dom Perignon et kopi luwak est proposé à 20 000 livres sterling, pour les grands malades de ce monde.  En langage freudien, se faire du café avec les excréments d’un animal a certainement un rapport avec l’argent.

http://www.theguardian.com/lifeandstyle/wordofmouth/2013/sep/13/civet-coffee-cut-the-crap

http://luxury.harrods.com/search?w=kopi%20luwak

Ce dernier lien ne fonctionne plus, mais pas la folie court toujours..Consultez le lien précédent.

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Opposition à la charte : un peu de sincérité

On peut se demander quelle serait la position d’un grand nombre d’opposants à la charte sur la laïcité du Québec si, demain, des professeurs homosexuels, hommes ou femmes, entraient dans leur classe en arborant un chandail aux couleurs du drapeau gay, si un afro-québécois indiquait d’une manière ostentatoire son adhésion au black power, ou encore si une employée de la fonction publique portait un keffieh palestinien.. . Admettre cela, c’est prouver que tous les droits protégés par la constitution ne sont pas égaux, du moins dans leur application et dans les conséquences de leur application.

Si vraiment il n’y avait pas de hiérarchie des droits, il faudrait bien opposer le droit au prosélytisme et même le droit d’exprimer publiquement son adhésion à une religion et le dommage que ce droit porte à l’égalité entre les femmes et les hommes et peut-être plus, à la dignité des femmes. Si les tribunaux favorisaient le port de signes religieux, alors il faudrait croire que pour eux, l’expression de l’égalité et de la dignité des femmes est moins importante que l’expression de l’appartenance religieuse, ce qui serait un énorme recul. On s’interdit bien les (autres) images sexistes…

La question des religions a amené l’ambiguité dans le comportement des gouvernements et dans l’administration de la loi. Les intégristes religieux qui pratiquent l’entrisme dans les sociétés occidentales utilisent avec intelligence cette ambiguité pour faire du prosélytisme en le sachant et certainement pas sans le savoir comme monsieur Jourdain. Pour contrer cette offensive, les gouvernements sont totalement désarmés, particulièrement ceux qui n’ont pas inscrit clairement dans leur constitution la séparation de l’église (la religion) et de l’état.

Chaque matin, les citoyens doivent se demander si les progrès qu’ils conquièrent au fil de leur histoire méritent qu’une partie de leur tradition et de leurs croyances disparaisse. Qu’Il s’agisse de progrès scientifiques ou sociaux, c’est toujours le courage de renoncer à une partie de soi-même qui définit l’évolution.

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Les femmes et les enfants d’abord

Au-delà du débat sur la charte québécoise des « valeurs », un épouvantable désert s’ouvre devant nos pas. Après avoir réussi à enlever tout espoir aux peuples les plus pauvres au point de ne leur laisser que le mirage du paradis comme raison de vivre ou de mourir, nous, c’est à dire notre système politique, avons réussi à nous aliéner chez nous d’une manière tout aussi tragique.

Ne soyons pas hypocrites : si la laïcité s’est imposée dans nos régions, c’est bien parce que les prescriptions des religions devenaient un frein aux progrès sociaux réclamés par les peuples. Les religions dont nous remettons en question les signes extérieurs, en Europe et en Amérique du nord, ne reconnaissent toujours pas les femmes comme des êtres humains à part entière, égales aux hommes.

Mais il n’y a pas que cela. Les mêmes religions n’admettent pas non plus l’homosexualité. Deux oppositions exprimées, durement, sur ce que les constitutions modernes appellent nos « droits fondamentaux ». C’est déjà beaucoup. Il faut y ajouter des attitudes inacceptables face aux violences contre les femmes, un combat farouche contre l’avortement et même contre la contraception. Ces gens là ne sont jamais entrés dans une école secondaire pour constater les dégâts que cause leur horizon borné et leur refus d’évoluer.

Ce qui est inquiétant, ce n’est certes pas que des individus croyants portent sur eux des bibelots, des croix, des bonnets, des voiles, mais que des institutions religieuses les imposent, comme pour différencier celles et ceux qui sont de celles et ceux qui ne sont pas. L’Histoire nous en montre les résultats.

Des féministes nous disent que si nous voulons l‘égalité, enfin, il faut s’attacher à tout ce qui l’empêche et non pas au port de signes religieux. Nous dirons « pas seulement ». Parce que quand nous nous attaquons à établir l’égalité, nous nous attaquons aussi aux religions qui y sont opposées et qui le manifestent par des moyens qui outrepassent les libertés qui leurs sont reconnues par les constitutions.

Si tant de personnes se réfugient dans la religion, si, comme ces psychiâtres le disent, ils y trouvent une meilleure santé mentale, nous croyons que c’est bien parce que nous avons abandonné notre détermination à changer le monde. Il peut être réconfortant de se réfugier dans des paroles sacrées, mais ce le serait encore bien plus si chacun de nous avait la conviction que l’état ou les églises exprimaient la volonté d’agir concrètement pour une société meilleure. Les psychiâtres devraient s’interroger, à cette occasion, sur leur pratiques, sur leurs solutions, sur les raisons profondes qui créent tant de misère ; s’attarder un peu plus sur l’espace social et un peu moins sur l’espace religieux.

Il n’y a aucun racisme à l’encontre «d’ immigrants » qui viennent avec leur religion dans la laïcité. C’est nous qui, à cause d’horizons bouchés et caressés par le veau d’or, le confort et l’indifférence, avons abandonné nos idéaux au moment même où nous sommes enfin en mesure de pouvoir les réaliser. Au vingt et unième siècle, il ne faut pas confondre spiritualité et religion.

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