Enfin !

Marion Fesneau-Castaing, une diplomate française arrêtée brutalement par l’armée israélienne, mérite notre reconnaissance pour avoir donné un camouflet à l’un des soldats qui a procédé au vol d’un véhicule humanitaire en plein milieu de territoires occupés par Israël. Madame Fesneau-Castaing a été jetée à terre, le canon d’une arme à quelques centimètres de sa tête. Elle a posé un geste courageux, et parfaitement justifié.

Finalement abandonnée par sa chancellerie, Marion Fesneau-Castaing a dû quitter Israël et son travail. Madame Fesneau-Castaing constituait déjà une cible pour l’armée, ayant participé avec Leila Shahid, (qui a été reçue par le gouvernement québécois en 2004), à une mission de soutien dans un village palestinien. Israël, qui viole la convention de Genève, soutient qu’elle ne s’applique pas à elle, pas plus que les résolutions de l’ONU.

Simultanément, Le gouvernement français a déplacé son consulat de Jérusalem qui desservait également des Palestiniens et, bien sûr, des arabes israéliens qui font l’objet de brimades. Un nouveau consulat français a été installé à Ramallah. Israël gagne encore de le place pour gruger un peu plus l’idée d’une capitale commune Israël-Palestine, terminer l’envahissement de Jérusalem et cantonner les Palestiniens dans les miettes géographiques qu’il veut bien leur laisser avec le silence complice des Occidentaux.

Peut-être devrions-nous comprendre, des deux côtés de l’Atlantique, que l’ensemble des politiques occidentales au Moyen-Orient et l’appui aveugle à Israël constituent un facteur de désordre et un danger permanent dans cette partie du monde.

http://blogs.mediapart.fr/blog/rachid-barbouch/280913/marion-fesneau-castaing-diplomate-francaise-sera-expulsee-disrael

http://www.huffingtonpost.fr/2013/09/20/photos-cisjordanie-diplomate-francaise-malmenee-soldats-israeliens_n_3962819.html

http://jssnews.com/2013/09/22/photos-et-videos-cette-francaise-integriste-du-consulat-de-jerusalem-qui-frappe-un-soldat-israelien/

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À vous de nous comprendre

Tout le monde n’a pas eu le bonheur de s’affranchir. Des esclavages d’abord, celui des femmes, des Africains, des enfants, des travailleurs, puis des religions, des discriminations, de la violence, de la dictature, des puissances d’argent.

Nos sociétés « modernes » y travaillent encore, mais les progrès sont là.
En matière de religion, les sociétés occidentales ne sont plus autorisées à établir des discriminations, mais elles ont presque toutes décidé d’établir une règle de laïcité dans toutes les activités publiques. Beaucoup de citoyens considèrent ainsi que « nous nous sommes débarrassés de la religion », sans contraindre personne à abandonner la sienne, ce qui est un immense progrès.

En général, il n’existe plus de discrimination envers ceux qui pratiquent une religion, quelle qu’elle soit. Chacun reste libre de penser et de dire ce qu’il pense, à condition de ne pas contraindre ceux qui ne veulent pas l’entendre. Chacun peut bâtir une Église et les lieux nécessaires à la pratique à condition de suivre les lois applicables à tous, des lois codifiées, précises.

Il n’y a, dans la détermination laïque, aucune haine, seulement la conviction que la laïcité a apporté d’immenses progrès : l’éducation, l’égalité, la liberté et un bon début, tout de même, de démocratie, tant d’avancées pour lesquelles beaucoup de femmes et d’hommes ont quitté leur pays, leur famille et parfois leurs traditions et leur culture.

Voilà pourquoi le prosélytisme, les signes religieux qui se multiplient dans nos sociétés nous exaspèrent. Il ne s’agit pas seulement du voile, mais de la croix, de la prière catholique dans les mairies, de la propagande, de l’emprise du religieux sur la vie publique, même si, trop souvent, nous avons à déplorer la lamentable absence de l’état dans l’aide aux plus démunis, dans l’écoute de ses citoyens, dans une spiritualité qui s’interroge sur le sens de la vie. Nous comprenons que cette carence peut conduire à l’adhésion à des religions qui prétendent résoudre ces problèmes, mais un passé millénaire et l’actualité prouvent le contraire au quotidien. La laïcité n’est pas arrivée par hasard mais parce qu’elle était un préalable au progrès social.

Il n’est même pas question de refuser, par simple entêtement, des idées qui seraient soumises aux citoyens par des groupes, quels qu’ils soient, mais il n’est pas question, non plus, de se voir imposer des pratiques qui iraient à l’encontre des principes qui ont permis les progrès auxquels nous avons fait allusion, même rien qu’un peu.

Contrairement à ce que certains prétendent, il existe une hiérarchie des droits. Celui d’être un homme ou une femme libre est peut-être celui qui prime sur tous les autres. Aucune religion, aucune orientation sexuelle ou philosophique, aucune appartenance à une « race » ne saurait permettre quelque restriction à la liberté d’un homme ou d’une femme libre. C’est même cette liberté fondamentale qui est à la base de toutes les autres et il n’est pas question de l’abandonner.

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Fondation UQÀM

Un lien vers Lapassade, analyste de l’université du Québec à sa naissance, en 1970

http://stabi02.unblog.fr/2009/08/08/georges-lapassade-portrait-dun-outsider/

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Domestiques au Brésil, vers l’abolition ?

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Le Brésil vient de voter une loi encadrant les activités des domestiques. Plusieurs pensent qu’employer des « gens de maison » permet à des personnes « défavorisées » de gagner leur vie, laissant entendre par là qu’ils ne pourraient faire autre chose.

Bien au contraire, l’extraordinaire développement de l’éducation dans le monde entier, après la libération des Afro-américains au vingtième siècle et avant cela, à la fin de l’esclavage, démontre que l’ensemble des citoyens d’un pays, sauf exceptions, peut accéder à des tâches plus enrichissantes, plus complexes et participer à la vie sociale avec plus de bonheur.

Les Scandinaves ont compris et appliqué ce principe depuis longtemps. Bien sûr, le Brésil n’a pas aboli la domesticité, mais il l’a rendue plus digne et moins éternelle. Il a domestiqué une activité qui, même dans des pays comme la France ou le Québec, souffre d’abus qui vont parfois jusqu’à l’esclavage. Et qui, dans tous les cas, ne parvient qu’à reconduire la misère de génération en génération, très rarement à permettre à un esclave de s’émanciper ou de sauver les siens.

Ce n’est pas vrai que ceux qui sont pauvres sont moins intelligents, qu’ils ne sont pas capables, qu’il faut bien des « commandants » et des « commandés » pour faire une société. Très rares sont celles et ceux qui ne pourraient pas suivre une éducation universitaire pour des raisons d’intelligence. S’il est vrai qu’à un certain moment tous ne pourraient y accéder par manque de préparation, par défaut d’une scolarité suffisante, le problème peut être réglé en moins d’une génération.

Le même effort doit s’appliquer à tous les travailleurs qui exécutent des travaux pénibles, qui peuvent être réalisés par d’autres moyens. Le même raisonnement s’applique, bien évidemment, à ces travailleuses et ces travailleurs du Bangladesh et d’ailleurs qui, s’ils échappent à une catastrophe fatale, s’enfonceront dans une autre à plus long terme et toujours sans espoir.

Ou comme ces travailleurs immigrés de Dubaï qui ne gagneront jamais pas assez pour se payer un voyage de retour.

À l’heure où l’on remet partout en cause la gratuité des universités, il faudrait plutôt revoir l’éradication de la pauvreté, un facteur capital du développement humain et du développement économique. Le Brésil vient de faire un pas dans cette direction. À nous de faire les autres en faisant nous-mêmes le travail que nous ne voudrions pas que nos proches fassent.

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Un tortillard intellectuel

Dans un article paru dans la section « Débats », le 27 novembre dernier, intitulé : « Une mobilité libératrice », deux professeurs à l’ENAP, Pierre Simard et Jean-Luc Migué, font l’apologie du « droit de s’installer partout au Canada », ce que l’on appelle, dans les pays modernes, la libre circulation des personnes et des biens.

Les deux professeurs sont vraiment étonnés qu’un tel droit existe au Canada. Pour eux, il s’agit d’un privilège qui permet aux Québécois, en particulier, « sans visa, sans carte verte », de quitter la belle province quand leur gouvernement élu avec seulement un tiers des voix, menace d’ériger des barrières linguistiques ou fiscales.

Pour eux, le citoyen canadien est une sorte de quidam qui peut choisir dans son pays le « panier de biens publics » qui lui convient le mieux. Misère, unilinguisme, universités pour riches, pollution, transport public, armes à feu, tout cela peut être merveilleusement modulé par les choix fiscaux de chaque province.

Pour nous, l’idée même d’enseigner de telles inepties à l’ENAP constitue un nivellement par le bas qui ne devrait pas figurer dans le panier des Québécois….

Le texte qui suit est ma réponse à ces deux incroyables formateurs de notre future élite politique.

Qu’en est-il de cette merveilleuse mobilité ? Eh bien elle n’existe tout simplement pas. Bien sûr, un employé de bureau peut s’installer en Colombie britannique et même n’importe qui peut incorporer une société dans une autre province que la sienne. Mais si cette personne est québécoise, c’est elle qui devra subir les conséquences d’une barrière linguistique. Si elle s’imagine qu’elle vit dans un pays bilingue, elle découvrira vite que ce n’est pas le cas. Tout se fera en anglais, y compris ses relations avec l’administration « bilingue » anglophone omniprésente en dehors de la belle province.

Si c’est un avocat ou un médecin, il ou elle devra vérifier si des ententes existent pour une pratique temporaire ou permanente dans une autre province. Si c’est une personne qui travaille dans le milieu de la construction, même combat.

En fait, comme le soulignait Benoit Brouillette, professeur émérite aux HEC, en parodiant Gilles Vigneault, notre pays, ce n’est pas un pays, c’est une succession de provinces qui ont du mal à communiquer entre elles. Un tortillard avec un toit panoramique et une petite route dont chaque portion est sous la responsabilité de sa province constituent le canevas du pays…..

Si l’on se tourne vers l’Europe, la première constatation est que n’importe quel citoyen, professionnel ou simple quidam peut, dans son pays, exercer n’importe quelle profession on métier sans même demander une approbation. Un médecin de Lille pourra travailler à Marseille ou à Strasbourg.

Depuis plusieurs années, il pourra aussi travailler en Espagne, en France, en Italie, à condition, bien sûr, qu’il ouvre la barrière linguistique à laquelle chaque pays européen tient comme à la prunelle de ses yeux, évidemment. En d’autres termes, la mobilité, ce symbole du fédéralisme canadien, est bien plus libératrice à l’échelle du continent européen qu’elle ne l’est dans le seul pays du Canada.

Mais il y a une autre dimension, que les professeurs semblent avoir oubliée, c’est la dimension démocratique. Pourquoi les médecins français n’émigrent-ils pas tous au Portugal, au soleil, en Belgique ou en Allemagne ? Sans doute parce que l’argent et les impôts ne sont pas les premiers critères qui dirigent leur vie. Ils ne veulent pas nécessairement choisir le meilleur « panier de biens publics », d’autant plus que les paniers européens tendent à s’équivaloir, ce qui est l’un des buts et l’une des recettes du succès de l’Europe.

Ce qui ne veut pas dire que chaque pays va devenir une copie des autres, mais ses différences seront culturelles et surtout basées sur des moyens particuliers de réaliser des progrès. Ainsi, chaque pays pourra réaliser des expériences en matière d’emploi, de rattrapage scolaire, d’égalité en enchérissant sur les pratiques des autres, jamais en régressant. La séparation de la Catalogne, tout comme celle du Québec se fonde sur ce principe, très européen également, puisque cette dernière veut faire inscrire dans les droits nationaux tous les progrès constatés.

Impossible donc de voir, dans le « brûlot » des deux professeurs autre chose qu’une ode au fédéralisme aveugle. Et c’est cela qui déprime le Québec : le Canada est aujourd’hui plus que jamais ce que Madame Thatcher avait songé : « there is no such thing as society ». Il n’y a pas de société.

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Voter, c’est se dépouiller de notre intelligence collective

Nous ne nous en rendons pas compte tous les jours, mais nous sommes au XXIè siècle. Nous sommes intelligents, souvent beaucoup plus que les assoiffés de pouvoir qui veulent nous « représenter ». Tous ne sont pas des ignorants et quelques-uns n’ont pas succombé aux sirènes de la maffia et de l’argent facile, mais à lire d’anciens ministres, libéraux, caquistes ou péquistes, candidat à la présidence US, on remercie un Dieu pour avoir survécu.

À chaque élection, c’est à qui proposera ses petits projets perso : un plan nord, un autre harnachement de rivière, des cadeaux fiscaux, l’âge de la retraite, le nombre de hanches opérées dans l’année, le nombre d’étudiants, que sais-je ? Et tout se passe comme si toutes ces propositions étaient la matière nécessaire à notre développement, à notre société. Ils appellent cela un programme.

Se croyant investis de nos droits, ces politiciens ne nous écoutent même plus. C’est un ministre français qui déclarait que le peuple « perdait » sa légitimité après le vote et la transmettait aux élus. Tous sont convaincus de la même chose. Aller dans la rue ne sert pas à grand-chose.

Parmi les projets, M.Legault veut des emplois à 50 $ de l’heure sans savoir où il va trouver les employés qualifiés. Un autre pioche dans le programme des autres parties telle mesure qui paraît populaire. C’est le plan nord à la Duplessis de M. Youhou Charest qui vend la terre plutôt que ce que nous pourrions y récolter. C’est le PQ qui veut élaborer pour nous des projets alléchants en pensant qu’ils répondent à nos désirs les plus ardents.

Bien sûr, certaines idées ne sont pas mauvaises, mais ce ne sont pas les nôtres et ce ne sont pas des projets sans cohérence qui vont rebâtir une société qui attend depuis 40 ans le pouvoir de s’exprimer.

Les espoirs les plus fous se tournent vers le député, Amir Khadir, qui porte l’image de Québec Solidaire. Il  faut bien que quelques-uns parlent pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à le faire et montrer aux autres que la politique n’est pas une fatalité.

Mais pour les autres ? Peut-on, en 2012, accepter qu’un chanteur en colère montre au ministre incompétent des forêts comment on les gère ? Qu’un comédien montre au gouvernement comment on conserve les rivières ? Que l’ensemble de la population défile dans les rues chaque semaine pour chasser du pouvoir sinon faire condamner ceux qui pillent nos impôts ?

Québec Solidaire est la meilleure ébauche de démocratie qui nous soit proposée. Plutôt que de penser « voter utile » en élisant une autre fois un parti qui promet ou qui Caquette, nous devrions voter selon nos convictions, pour un parti qui est allé chercher, au plus près de la population, les bases de la construction d’une société honnête, moderne, possible et viable, tout comme ces sociétés nordiques qui n’arrêtent pas de nous étonner.

La démocratie est l’instrument du peuple, le gouvernement du peuple par le peuple. La vie que nous menons doit être celle que nous voulons mener, pas celle que d’autres nous proposent. Nous ne voulons plus que d’autres parlent pour nous, nous voulons parler pour nous-mêmes.

Nous avons les connaissances nécessaires pour élaborer notre programme et prendre toutes les décisions qui nous conviennent. C’est nous, la population, qui payons toujours pour toutes les erreurs et qui récolte les profits. Nous ne sommes pas seuls. Partout dans le monde, les voix résonnent avec celles du Québec : à nous la rue, indignés, printemps arabes dépassent largement la compréhension des politiciens de métier qui ne connaissent souvent pas autre chose que la pratique de l’élection.

Les gouvernements ne sont jamais élus qu’avec le tiers à peine de la population en âge de voter et avec moins du quart de la population en âge de penser. Quand ces chiffres sont dépassés, lors d’une élection référendaire ou présidentielle, c’est que la révolte est forte, mais cela ne change pas la qualité des candidats. Si nous votons en grand nombre le 4 septembre, ce sera non pas grâce, mais à cause de M.Youhou Charest, de ses erreurs, de ses déficits, des vols qu’il a laissé commettre, invoquant, par exemple, comme  le Maire de Montréal, l’urgence et l’intérêt général pour confier à des malfaiteurs notoires la réfection de routes. Le peuple n’aura toujours pas vraiment parlé, il aura tout juste décompensé comme disent les psychiâtres.

L’autre voie, la plus digne, c’est de se taire et de refuser aux trois partis une quelconque approbation. Si l’un d’eux récolte 10 % des votes, peut-être craindra-t-il un peu plus ses sept millions de commettants.

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Québec – État des lieux juin 2012.

Peut-être est-ce trop évident, nous n’avons pas entendu parler de la chasse à l’électeur que se livrent Jean Charest et François Legault. Leur « philosophie » (n’hésitez pas à faire le geste pour indiquer les guillemets) est identique, tout comme leur langage, leur clientèle, à quelques années près. Tout comme Nicolas Sarkozy courait après les foules de Marine Le Pen, M. Charest marche dans les pas des partisans de la CAQ. Frais de scolarité, syndicats, obéissance, rigidité, intelligence limitée de la réalité, forment l’essentiel du combat idéologique mené par les deux coqs.

Pour ces deux-là, l’économie du Québec se résume à faire travailler à tout prix leurs classes moyennes et moins moyennes quand M.Charest ou sa énième faire valoir parle de 60 000 et 120 000 dollars de revenus annuels.

Rappelons que 75 % des contribuables gagnent moins de 50 000 dollars par an. Ce nombre cache des enfants qui vivent dans des conditions inacceptables, des mères qui tentent la survie. L’ONU confirme. Avons-nous fait tellement de progrès depuis Pierre Vallières et Michel Chartrand ou sommes-nous tout simplement revenus en arrière ?

De l’autre côté, le PQ continue de réchauffer ses muscles depuis 1995, au point où l’on peut se demander si sa remise en forme ne l’a pas épuisé complètement. Il est vrai qu’il revenait de loin, après son déclin mis en œuvre par Lucien Bouchard avec beaucoup de professionnalisme. Au PQ, on trouve de tout, comme chez Jean Coutu, mais rien pour nous soigner et les amis sont rares. Tétanisé par la peur de parler d’indépendance, à force de n’en pas parler, incapable d’élaborer un projet de société clair, le PQ ne semble plus soutenir personne, même pas les quelques députés remarquables qui ont cloué le bec au gouvernement.

Reste Amir. L’autre jour, sur le boulevard St-Laurent, un petit groupe de filles et de gars chantait « il est beau Amir ». On n’imagine pas, au Québec combien nous avons besoin de ces militants du quotidien, qui consacrent vraiment leur vie et leur carrière à améliorer les nôtres. Pas comme cette ministre de secours qui se raconte des histoires à elle-même, mais comme des citoyens que nous voudrions tous être.

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La révolution de juin

Les policiers et les rares politiques qui sont en intelligence de comprendre, ont eu une belle leçon de démocratie, ce soir samedi 9 juin 2012. À plusieurs occasions, des policiers ont été, à leur tour, pris en souricière. Deux d’entre eux se sont retrouvés seuls, devant une foule hostile, mais intelligente, en plein contrôle de ses moyens, qui les forçait à reculer par la seule force de sa volonté. Les deux policiers auraient pu être broyés, molestés, mais personne parmi les centaines de manifestants n’a posé de geste contre ces deux personnes, ni ne les a mis en danger, démentant ainsi ce que nous disent, chaque jour, chefs de police et ministres. Le chaos ! Pendant que M. Charest s’offrait sans doute un bon repas arrosé de grands crus avec ses copains milliardaires, la foule et la police jouaient la pièce de théâtre sordide inventée par le Premier ministre en goguette électorale, mais le peuple de la rue a interverti les rôles.

Simultanément, à Radio-Canada, rejouait un documentaire sur les années Chartrand, 1970, la loi des mesures de guerre. Il suffirait de changer les coiffures, les vêtements, les couleurs et la date, 2012, pour illustrer encore cette volonté de soumettre le peuple, dans la lignée des Duplessis, Bourassa et Charest.

Ni les policiers, ni Charest, ni ses sous-fifres n’ont compris la population qu’ils entendent diriger ou écraser. Il n’y a pas de violence dans la foule, mais un écœurement particulièrement fort de voir tout ce petit monde s’échanger des services, des billets de banque, des morceaux de l’état que nous avons payé par notre travail depuis des décennies. Les vrais casseurs, ce sont eux, qui défont la révolution tranquille, qui rembobinent 50 ans de progrès, qui tolèrent la fraude et la corruption, la prostitution qui tourne autour, enflées en ces journées de Grand prix.

Il y avait des centaines de policiers, des milliers selon les médias. Ni eux, et encore moins les vieux politiques qui s’accrochent ne pourront indéfiniment contrer cet immense mouvement véritablement démocratique qui déferle dans les rues. Ce ne sont pas les quelques casseurs qui nous gouvernent qui vont empêcher la démocratie d’évoluer.

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Les Bonnes

Une nouvelle loi sur l’assurance-emploi vient encore changer les règles du jeu en obligeant certains prestataires à se trouver un travail beaucoup moins rémunéré entre les périodes d’emploi. Qui est visé ?

Les pêcheurs, bien sûr, sont parmi les cibles du gouvernement, ils travaillent « seulement » sept mois par année pour des raisons hors de leur contrôle. Les conditions de travail extrêmement dures, les saisons, les quotas, la raréfaction des espèces, les revenus en baisse en font une catégorie particulière de travailleurs. Ils sont irremplaçables (comme les agriculteurs et d’autres) parce qu’ils nous nourrissent.  Leur demander de travailler à des salaires de misère entre deux saisons serait comme demander aux pompiers d’aller servir au bistrot d’à côté entre deux feux, de ne les payer qu’en service.

L’assurance-emploi, pour cette catégorie de travailleurs, joue le rôle de conservation d’un patrimoine de travail. On ne devrait pas y toucher.

Mais elle profite aussi aux entreprises qui resserrent leur production sur quelques semaines (téléphonie, aéronautique), puis licencient temporairement leurs ouvriers. C’est une manière de « saisonnaliser » la production artificiellement, éviter ainsi de payer les employés sur une base annuelle et augmenter les profits. C’est aussi demander à l’ensemble des travailleurs qui cotisent à l’assurance-emploi de financer ce tour de magie que seules quelques entreprises peuvent réaliser. Pourquoi l’état devrait-il entretenir des employés de ces industries entre deux productions , mais pas les entreprises de pêche qui fonctionnent sur le même modèle….bien involontairement ?

Les employés mis à pied temporairement pour des raisons de rationalisation de la production ont toutes les chances de ne pas être contraints de travailler entre les périodes d’emploi, puisqu’il est improbable qu’ils puissent trouver pour quatre mois un poste payé 70 % de leur salaire habituel élevé. Quand le pêcheur pourrait être contraint de livrer des pizzas en hiver, on imagine mal l’ingénieur de Bombardier trouver un travail pour trois mois à 80 $ de l’heure.

Ne sous-estimons pas l’impact de cette mesure qui, pour d’autres catégories de travailleurs, même bien payés, pourrait contribuer à une dévalorisation des salaires et à la négation des progrès syndicaux. Elle pourrait être une manière de désyndicaliser la société : des ouvriers à 30 dollars de l’heure seraient ainsi contraints d’accepter 25 dollars et de rester à ce niveau, plutôt que de retourner travailler dans leur domaine propre.

La politique conservatrice cache un projet de société perdant. Le problème de sous-emploi que l‘on prétendait régler subsistera et les chômeurs privés d’indemnités toucheront d’autres aides d’autres gouvernements ou finiront dans la rue.

Même si tous les chômeurs étaient des Bougons, la solution ne serait pas de leur refuser les indemnités pour lesquelles ils ont d’ailleurs cotisé, mais bien plutôt de s’assurer qu’ils reçoivent l’éducation et la formation nécessaires à la construction collective du pays que constitue le travail. Ce sont l’école, la lutte contre le décrochage, l’accès aux études supérieures et la formation permanente, des solutions adoptées dans les pays européens les plus performants, qui vont avoir raison du chômage, non pas la constitution d’un parc d’employés à rabais surveillés par une police de la promotion de la vertu.

La solution est de créer des emplois de meilleur niveau et de former les travailleurs avant qu’ils ne soient contraints au chômage et non pas de niveler l’emploi par le bas en les transformant en bonnes à tout faire.

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Bonjour à toutes et à tous

Les Québécois se reconnaissent une nouvelle fois, après quelques décennies d’absence. Dans la rue, les sourires se croisent et le carré rouge ne marque plus seulement l’appartenance au mouvement étudiant mais la volonté de chaque citoyen de recommencer à jouer un rôle actif dans l’aventure sociale qui porte le nom d’un pays, d’une région, d’une ville, d’un quartier, du cercle de nos voisins. Une nouvelle fois, nous nous appartenons pleinement enfin et cela nous permet de définir notre vie plutôt que d’en confier le déroulement à d’autres qui ne voient que leur propre horizon et ne vendent que leur propre imagination.

Quand deux cent mille personnes marchent au milieu de la rue, quand à la télévision des rêves s’expriment aux nouvelles plutôt que dans les téléromans,  quand le métro s’arrête entre deux stations et que tout le wagon évoque avec bonhommie l’enfumage du mois précédent, c’est l’intelligence collective qui se construit et cherche sa place, cherche de nouveaux moyens de construire une société meilleure, de nouvelles institutions, une modernité qui vaut le coup. Alors, quand vous nous parlez de payer cinquante cennes par jour pour faire notre part….nous voulons faire beaucoup, beaucoup plus. Nous en avons collectivement la volonté, les moyens et la compétence.

Faites-nous connaître vos idées,

À bientôt

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